la porte de l'oubli

Publié le par rose

 

 

La porte de l'oubli

 

Un jour une jeune fille qui n'a pas de prénom, qui n'est connue de personne, se baladait dans une forêt vierge. Alors, un jour cette jeune fille, je dirais une princesse pour ne pas parler d'une sorcière, alors cette princesse s'est trouvée en face d'un bâtiment, d'une chapelle, d'un château, d'une cabane – je ne sais pas exactement quel genre de bâtiment, imaginons une jolie maison, large et spacieuse, avec une seule porte d'entrée et pas d'autre accès que cette porte là. Alors la princesse devant la porte en pleine forêt, cette princesse est là sans savoir quoi faire – une porte fermée...

Elle attendit.

Elle attendit 10 minutes, une heure.

Elle attendit toute la journée jusqu'à la tombée de nuit.

Elle attendit toute la nuit et le lendemain et toute la semaine, un mois, un an...

Je ne peux pas vous dire exactement combien de temps elle a attendu - attendu - attendu quoi ?

  • que la porte s'ouvre ?

  • que quelqu'un l'invite à rentrer ?

Pourquoi ne pas passer devant et continuer son chemin ? Pourquoi ne pas frapper à la porte ? Pourquoi ne pas entrer ?

Une porte est faite pour qu'on l'ouvre, n'est-ce pas ?

Mais la princesse n'était pas habituée à ouvrir des portes. Ni en forêt, ni au château elle n'avait pratiqué cette activité. Au château il y avait des serviteurs qui ouvrent les portes. En forêt il n'y avait pas de portes.

Quoi faire ?

Après des années d'attente elle ne savait toujours pas quoi faire. Peut-être fallait-il demander conseil à quelqu'un de plus compétent.

À un ministre ou une amie intime? Au roi ou à un prophète ? A un scientifique ou à un sage ?

À qui fallait-il demander conseil ?

Peut-être que c'était son for intérieur qui pouvait répondre. Peut-être une divinité en elle pouvait lui donner conseil.

La princesse s'est mise à méditer. Elle a médité 10 minutes, une heure, la nuit, un mois, un an...

je ne peux pas vous dire combien de temps elle a médité et elle ne savait toujours pas quoi faire jusu'au moment où elle a levé les yeux. Elle a vu l'enseigne au-dessus de la porte. Elle a reconnu le « c » de café et le « o » de l'oubli, mais elle avait oublié, qu'elle était à l'intérieur du « Café de l'oubli » et que la porte de sortie était devant elle.

 

Rose Killinger, Paulhan le 16 octobre 2011

Publié dans Fragment

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