Souvenir

Publié le par rose

Souvenir

 

Le souvenir dans un cheveu minuscule

 

J'ai fait le ménage, mais j'ai oublié le souvenir minuscule, placé dans un cheveu blanc sur mon crâne.

 

D'ailleurs je ne l'ai pas vu du premier coup. Il était bien caché. En plus je ne visite pas souvent mon crâne;

un peu plus ma tête, – le cerveau, alors là – les souvenirs s'imposent, même après avoir fait le ménage à fond!

Mais ce n'est pas de ça que je voulais parler. Je vais vous parler du petit souvenir oublié. Il s'est échappé lors du premier grand ménage que je faisais dans mon cerveau quand je suis partie de ma maison natale.

 

Il se trouve qu'il a laissé des traces un peu partout. Je ne veux pas dire qu'il salissait, mais il a laissé des marques importantes - comme la tache de vin rouge sur la nappe – difficile à réparer les dégâts ! On a beau essayer de l'intégrer au motif; son origine n'est pas négligeable: une tache reste une tache.

 

C'est ainsi que mon caractère a gardé ses taches comme des défauts – mais je m'éloigne du thème!

Revenons au souvenir initial!

Revenons au souvenir oublié!

Difficile de le retrouver, même en regardant plus près.

Il est trop petit, trop pâle.

Comment distinguer un souvenir blanc sur un cheveu blanc ?

N'est-ce pas impossible ?

Approchons!

Il est blanc. Blanc de blanc.

Blanc comment ?

 

Comme un lys ?

Comme une page blanche ou comme la vierge immaculée ?

Blanc comment ?

Je vous demande sérieusement – je ne vous parle pas du blanchiment de l'argent. NON. Je ne vais pas tenter de blanchir un mauvais souvenir.

Honnêtement – je suis partie pour regarder, pour examiner, pour voir de près ce que peut être un vrai souvenir.

Je disais que mon souvenir était petit, tout petit et blanc – blanc de blanc, pas de culpabilité, un souvenir, pur, propre,,,

Mais j'ai cherché un souvenir qui m'a marqué, qui m'a constitué.

Un souvenir puissant, un souvenir idéal!

 

Je suis allée à la recherche d'un tel souvenir, MAIS je ne l'ai pas trouvé.

Il n'y a pas noir sur blanc, mais blanc sur blanc.

Un blanc de lys avec un parfum fort, qui ne s'écrit pas. Il se diffuse. Il se perd dans le temps, dans l'espace.

 

C'est l'essence d'un souvenir oublié.

 

Rose Killinger, Paulhan, en décembre 2010

Publié dans Fragment

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